Je crois que mon coeur est devenu encore plus lourd à force de me mentir à moi-même. T'es le seul. Je l'admets, oui. T'es le seul pour qui je respire. Le seul pour qui je vis. Chaque seconde passée loin de toi me tue un peu plus, je crève à petit feu, tu ne te rends pas compte à quel point je brûle, mais je suis la seule à les voir, moi, ce sang qui coule et ces flammes qui me consument. Mon corps est peut être debout mais mon âme est en train de ramper au sol, suis-je donc si faible d'esprit pour m'abaisser à un amour aussi futile, simple, presque irréel ? Sans doute. Alors, je ne suis rien. Je suis faible. Je n'ai plus de valeur. Plus rien ne compte. Je m'en veux terriblement de m'être soumise aussi facilement à un lien tissé en un regard. Quoi, ces cons appellent-ça le coup de foudre ! Putain, j'appelle ça rien du tout, c'est une grosse connerie, le pire truc qu'il puisse exister sur terre, je maudis cupidon et tout le reste, je crèverai comme une conne avec cet amour faux et pourtant tellement enraciné au fond de mon coeur, tellement ancré dans ma poitrine que je n'en dors plus la nuit. Si seulement j'étais courageuse, oh oui, si seulement je l'étais, bah je me serais défoncé la tempe avec un flingue, j'aurais taillé profondément chacune de mes veines, j'aurais touché l'extrême pour me libérer de cette merde. J'aime seule, je souffre seule, je mourrai seule comme une désespérée, toujours enchaînée à lui, ah, lui ! Aucun mot ne sera jamais suffisant pour le décrire, de mes yeux aveuglés je vois en lui un être si merveilleux, je ne comprends pas pourquoi j'arrive à penser cela, moi qui suis terre à terre, un peu trop par moments, mais lui il est... si... et puis merde je n'en peux plus...
Pourquoi serait-ce toujours à moi de pleurer, de me tourner sans cesse dans mes draps salis par mes larmes pour trouver le sommeil tard dans la nuit voire tot le matin, pourquoi devrais-je toujours avoir le coeur serré chaque fois que mon regard se pose sur lui, pourquoi je déprime au moindre geste que je perçois comme étant contre moi, signe de rejet, pourquoi est-ce que je me pose mille questions par jour sur la nature de ce sentiment douloureux, sur lui, sur ce que peut être sa vie normale de mec joyeux au coeur léger contrairement à moi qui me tue et qui m'impregne entierement de l'image floue de son visage, de sa silhouette sublime, son aura, son regard perçant, pourquoi je me bombarde le cerveau de lui tout entier chaque minute, putain de merde, pourquoi ?
Je l'aime tellement, tellement fort, tellement fort que je n'ose pas l'approcher, ni même lui parler. Parce que je ne veux pas qu'il soit souillé par moi, ne serait-ce que par un effleurement ou un regard. Je ne veux pas le salir. Je ne veux pas être un fardeau ou un boulet à ses yeux parce que je sais que je le suis aux yeux de tout le monde. Je ne veux pas qu'il aie à me supporter. Il mérite tellement mieux, à quoi bon tenter quelque chose, je ne veux que son bonheur et je sais qu'il ne trouvera rien chez moi, je ne le sais que trop bien. J'aurais pourtant tellement voulu lui décrocher ne serait-ce qu'un sourire, lui apporter une once de bonheur, mais même ça je n'en suis pas capable, bon sang, pourquoi suis-je aussi nulle et inutile, je ne sers vraiment à rien. Mais putain j'ai le coeur qui va éclater. Je l'aime trop. Combien de temps vais-je encore passer à me mentir, à me dire qu'il n'y a plus rien, plus aucun sentiment envers lui ? Il est ancré en moi. Je ne comprends toujours pas pourquoi. Pourquoi lui et pas un autre. Je n'en peux plus. Je ne gagnerai ni son respect ni son affection, ni rien du tout. Je suis pessimiste certes mais réaliste, un boulet dans mon genre restera toujours un boulet. Je n'apporte pas de joie aux gens, je suis de la trempe de ceux qui n'ont rien a foutre dans ce monde et qui feraient mieux de prendre la porte. Je n'ai plus goût à rien, il m'a tout pris, tout, tout... Mais je ne lui en veux pas. Il ne se rend pas compte. Il ne sait pas ce que j'endure. Alors à qui dois-je m'en prendre ? A moi même. C'est tout.
Je n'avais jamais pleuré auparavant. Il m'a appris à souffrir du plus profond de mon être. Ce sont les brûlures les plus vives que j'ai subies jusqu'ici. Le temps semble s'allonger à l'infini dans cette tristesse immortelle.
Et franchement, j'en ai ma claque de tout ça.
Voila, c'est de mes larmes habituelles que ce cri de détresse s'achève.
L'Ottomane Ambrée n'est plus; il n'y a que douleur et peine.
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