
Mes pas de vieille enfant me guidèrent jusqu'au grenier, arrachant les cris des marches usées de l'escalier. Des bibelots, d'anciennes maquettes de paquebots dormaient sous les fenêtres, et sous les tapis de poussière soudain j'aperçus une malle solitaire.
Un souffle éparpilla les cendres grises du temps dans l'air alangui de ce grenier et mes doigts soulevèrent le couvercle de la boîte secrète. Au fond de la malle, sous un tas de toiles, reposait une autre boîte. Une petite boîte.
J'attrappai une fine baguette perdue parmi les objets du temps et l'immisça dans ces vagues de toiles épaisses et blanches comme la brume et fit soulever le second couvercle.
Un bruit de rouages.
Puis la litanie des notes. De belles notes. De douces notes. J'écoutais cette mélodie bien longtemps, me berçant au pays des rêves infiniment. Les cendres tombaient sur le sol. Je les sentais me recouvrir. Les étoiles semblaient descendre du ciel chaque fois que l'obscurité gagnait la pièce. Je restais là, le visage élevé vers les cieux, des perles dans les yeux et la bouche grande ouverte de manière à aspirer l'émotion, la tristesse moelleuse qui s'échappait de la boîte à musique. Les cendres tombaient sur le sol. Je les sentais m'ensevelir. Depuis combien de temps étais-je là ? Laissez moi échapper encore un peu à la dure réalité de la vie. Je suis bien, ici, dans mes rêves.
Les cendres tombaient sur le sol. Je tombai aussi. Je crois qu'on m'avait oublié ici. Personne n'était venu me réveiller.
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